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Science Equestre 11

Science Equestre n° 11 (3ème /obstacle)

Introduction :

dans le n° précédent nous avons vu comment faire sauter le 1er obstacle digne de ce nom par un cavalier (juste assez haut pour provoquer un saut et non être enjambé).

Aujourd’hui, j’aborde la suite qui permettra à ce cavalier après quelques semaines ou mois, de réaliser ses premiers parcours, d’abord à l’entraînement, ensuite en concours intime au sein de son manège et enfin lors de ses premiers parcours en concours « officiel », s’il le désire.

Généralités : pour le cavalier

1°) s’équilibrer en ligne droite : le cavalier devra maintenant être amené dans un premier temps à sauter des obstacles disposés uniquement « en ligne  ».

 Plusieurs obstacles se succèderont en ligne droite espacés de « sauts de puces » appelés aussi « in an out » et/ou comprenant 1, 2 (ou 3 maximum) foulées de galop entre chaque élément.

Le but est de faire acquérir à notre cavalier une position en équilibre permanent avant, au dessus, entre et après les obstacles. Position qui soit rassurante pour le cavalier et sans gêne pour le cheval.

En plus des petits obstacles disposés soit en ordre légèrement croissant de hauteur, soit d’obstacles de même hauteur, le professeur utilisera des barres disposées au sol ou des cavaletti avant et/ou entre les obstacles.

2°) s’équilibrer en tournant : dès l’équilibre et l’assurance acquis dans les exercices précités, le cavalier ne les pratiquera plus qu’occasionnellement.

Par contre, les leçons intitulées « s’équilibrer en tournant » et par la suite « équilibrer le cheval en tournant » et finalement « régler la position, l’équilibre, la vitesse et l’abord en tournant » seront au programme de quasi tous les cours durant « longtemps ».

Leçons en ligne :Dans les leçons avec les obstacles disposés en ligne le moniteur devra créer les conditions idéales pour que le cavalier puisse se concentrer uniquement sur sa position et son équilibre. 

Concernant le fondamental « tourner » : l’élève devra sauter en ligne droite (sans slalomer ou flotter) et au milieu de chaque obstacle, entrer et sortir aussi bien droit.

Il devra donc conduire entre et au dessus des obstacles et non abandonner le cheval en ayant pour cela ses mains et ses coudes qui suivent la bouche et l’encolure du cheval tout en gardant le contact léger mais permanent.

Comme leçon de perfectionnement de l’équilibre des cavaliers le moniteur peut prévoir de faire sauter la ligne, les rênes détendues ou posées sur l’encolure en demandant au cavalier de réaliser les passages avec les mains aux hanches, bras tendus vers l’avant, sur le côté, sur la tête, dans le dos… ou encore avec les yeux fermés ou en regardant depuis avant la ligne jusque après un point précis en tournant la tête pour fixer du regard en permanence son moniteur par exemple.

Dans les cas ou le cavalier ne doit pas conduire le moniteur aura « encadré » les obstacles.

Une autre possibilité pour que les chevaux sautent droit consiste à monter les obstacles en croix.

Concernant le fondamental « avancer » : Les distances entre tous les obstacles devront être « justes » et ne pas créer de problèmes aux chevaux ni demander d’intervention de la part des cavaliers.

Ce point est le plus difficile à réaliser pour le moniteur car il est rare d’avoir dans la leçon tous des chevaux galopant avec des foulées identiques, de même amplitude.

 Il faut donc soit regrouper quand c’est possible les chevaux ayant des amplitudes +/- identiques dans la même leçon ou travailler en ayant préparé deux lignes identiques mais avec des distances différentes et adaptées aux uns ou aux autres. Les distances entre les obstacles seront habituellement légèrement croissantes.

 Les obstacles ne doivent pas être trop bas pour ne pas inciter les chevaux à accélérer sans être trop haut pour éviter les refus.

Une certaine hauteur est indispensable pour que le cavalier ressente bien le saut et que le cheval décompose ses sauts sans se précipiter ou courir sur les épaules.

Des distances un rien courtes, des obstacles avec un léger pied et les oxers montants mais un peu larges, des obstacles aussi suffisamment remplis et même avec des soubassements favoriseront la décomposition du saut et l’accomplissement de l’objectif « s’équilibrer ». 

Le choix des chevaux est bien sûr déterminant : meilleurs, ils seront (par rapport à ce niveau et au travail demandé) au mieux notre cavalier apprendra. Un bon cheval professeur est à tous les niveaux d’apprentissage aussi important que le professeur enseignant. Avez-vous remarqué que je parlais d’oxers ?

 En effet, trop souvent, on se contente d’obstacles droits avec les débutants.

Il est pourtant très utile de pouvoir sauter le plus vite possible une majorité d’oxers montants et un peu larges (éventuellement en croix sur le premier plan) qui d’une part permettent de dédramatiser aux yeux des cavaliers ces obstacles larges dès leurs premières leçons et qui, d’autre part, incitent les chevaux à mieux (apprendre à) sauter.

Souvent, il faut l’avouer, c’est par fainéantise ou facilité ou par manque d’aide ou de matériel (+ de chandeliers ou d’oreilles à déplacer) que l’on voit tant ou uniquement des « droits » dans les pistes d’entraînement ; parfois simplement pour la raison d’un manque de cuillères disponibles.

Les obstacles toujours creux et vides, sans pied n’incitent pas non plus les chevaux à sauter correctement. De plus, lors des premières compétitions, les chevaux et les cavaliers seront confrontés à des obstacles d’aspect très divers, avec des barrières ou des soubassements.

 Au manège, il faudrait donc acheter ou mieux fabriquer ces éléments pour les utiliser à l’entraînement.

Ce matériel devra être adapté en hauteur et en poids pour être pratique et utilisable aussi sur des obstacles assez bas. Attention cependant à ce que ce matériel ne soit jamais dangereux.

Faites vous conseiller concernant ce point là. 

Le moniteur doit en permanence avoir à l’esprit que l’enseignement s’adresse au cavaliers et non au chevaux. Nous n’essayons pas d’améliorer la façon de sauter, les réflexes du cheval et sa technique mais si notre ligne est bien construite, les chevaux devraient indirectement peut-être, profiter de l’enseignement que reçoit son cavalier.

L’abord de la ligne peut se faire de différentes façons en fonction du fait que les chevaux sont suffisamment calmes ou non.

Soit venir au trot de travail régulier jusqu’à la barre de réglage avant le premier obstacle qui marque la première battue de galop, soit au pas et en ne demandant que 1 ou deux foulées de trot avant cette barre. Les deux manières de procéder sont de toute façon utiles.

Le cavalier sera soit au trot enlevé, soit en ayant pris la suspension très longtemps avant d’être en face de la ligne. Il est également utile de régulièrement faire aborder la ligne (aussi valable pour les obstacles isolés) sans barre de réglage à terre avant l’obstacle de manière à demander au cavalier d’attendre que le cheval saute et le laisser s’approcher très près de l’obstacle. 

Le plus important concernant le fondamental « avancer », comme expliqué dans la leçon n° 10, est d’obliger les cavaliers à ne jamais « pousser » le cheval devant ou entre les obstacles, sans retenir aussi sauf si le cheval ralentissait ou encore accélérait de sa propre initiative.

Dans tout les cas il faudra seulement agir en procédant à une correction (faire comprendre au cheval qu’on est fâché et qu’il ne pourra pas commettre à nouveau la même faute).

 C’est bien sûre le cavalier qui devra corriger le cheval et non le moniteur à pied. Il ne faut jamais suivre un cheval avec une chambrière ou alors dans le cadre d’une autre leçon et monté par un cavalier beaucoup plus confirmé.

Les corrections de direction doivent se faire en se servant des deux rênes : l’extérieure en appui, l’intérieure d’ouverture sans recul d’une ou de l’autre main, en orientant le bout du nez du cheval vers le milieu du dernier obstacle, encolure droite.Un cheval doit en permanence être en avant des jambes (tout en restant calme et le plus en équilibre possible) et c’est lui qui doit aller vers les obstacle et vouloir les sauter. Je remarque que beaucoup de cavaliers poussent parce qu’ils sont persuadés qu’il faut le faire mais aussi pour se donner du courage.

 Durant toute la ligne le cavalier doit avoir la sensation d’un cheval qui monte et qui descend entre ses jambes et que lui, cavalier, ne saute pas.

Position et équilibre du cavalier :Je rappelle que le fait de s’agiter, précipiter ses gestes (faire des mouvements trop secs, trop brusques ou rapides) excite les chevaux et les fait courir plus vite, sur les épaules.

C’est spécialement à la battue du cheval et au dessus du saut qu’il faut faire des gestes plutôt lents et juste accompagner, presque subir les mouvements du cheval qui sur des petites hauteurs sont d’ailleurs très limités. Pour le reste il y peu d’explications à donner, la position en équilibre est décrite dans l’article précédent et il y a peu de différences liées au fait de sauter plusieurs obstacles rapprochés.

Le buste restera avant, au dessus, entre et après les sauts à peine penché en avant, seuls les coudes décontractés doivent permettre de « donner ce que le cheval demande » pour s’arrondir et ne pas être gêné par la main du cavalier.

Le regard, très important, ne sera pas porté sur l’obstacle à sauter, ni même sur le suivant mais sur le dernier obstacle de la ligne ou beaucoup mieux encore sur un point très précis situé au moins à la hauteur des yeux du cavalier et assez loin, derrière le dernier obstacle.

 Pour apprendre au mieux et au plus vite il est essentiel que le cavalier fixe ce point avec attention aussi lorsqu’il est au dessus de l’obstacle (avant et tout au long du franchissement de la ligne également). 

Les articulations de la cheville et du genoux seront flexibles, talons bas (pointes de pieds relevées), étriers tenus au tiers du pied. L’assiette sera proche de la selle par la descente de la cuisse et des genoux (non serrés).

Le bas de la jambe (mollet) sera en permanence très fixe et restes à cette place spécialement durant toutes les phases du saut. Les pointes de pieds tournées vers l’avant ou très légèrement (à peine) tournées vers l’extérieur. Petite remarque : les genoux ou les cuisses ne peuvent pas pivoter latéralement.

Concernant les distances : pour déterminer les distances « justes » entre les obstacles je ne vous livrerai pas de tableau de distances types dans le cadre de cette leçon.

Ceci, parce qu’il n’y a de distances justes que celles qui sont adaptées au poneys ou chevaux de la leçon.

 C’est surtout par la pratique,  l’observation et la connaissance de ses chevaux que l’on déterminera au mieux ces distances.

Certains livres peuvent aider ceux qui n’en ont aucune idée. Je conseille souvent de se référer à «  La Méthode Néméthy » éditions Lavauzelle, par Bertalan de Néméthy.

Attention ! : des distances fausses ou des barres mal disposées au sol peuvent entraîner des chutes ou des lésions assez graves chez les cavaliers et/ou à leurs chevaux.

Les articles suivants seront consacrés aux premières leçons de « s’équilibrer en tournant »

Etienne Patigny