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Science Equestre 10

Science Equestre n° 10 (obstacle)

Introduction : il est peut-être utile de relire l’article (les articles) précédent(s) afin de situer celui-ci dans son contexte. Il est d’ailleurs toujours dangereux de n’extraire qu’une seule phrase ou une partie d’un article de son contexte car une mauvaise interprétation de l’écrit est alors possible. Je tiens encore une fois à préciser que je n’expose pas ici une doctrine mais bien mes expériences, ma méthode et mes exercices « types » personnels.

Le travail de cavaliers « débutants » sur des barres au sol 

Pré requis : en début de leçon toujours réaliser en reprise quelques exercices de décontraction des cavaliers au pas puis au trot ainsi que des exercices d’équilibre variés ; le tout, commandé de manière ludique. La plus grande partie de nos élèves sont jeunes (parfois très) mais les adultes plus que d’autres ont bien besoin de ces exercices et participent bien volontiers à ces « jeux ».

Premier obstacle (et/ou premier galop) :

  • Presque dès le début de l’apprentissage des cavaliers (sur le plat) je disperse par-ci, par-là des barres au sol à travers le manège et demande aux cavaliers (dès la détente) de les franchir d’abord au pas rênes longues et détendues, ensuite au trot enlevé rênes longues, enfin ajustées et tendues. Les consignes données sont : 1) d’évoluer seul et en s’éloignant des autres chevaux (ce qui oblige les cavaliers à regarder les autres) 2) de franchir les barres en leur centre, cheval droit avant, pendant et après les barres 3) de ne pas tourner court 4) quand plusieurs barres se succèdent, en ligne droite ou sur une courbe, les distances entre elles sont réglées en fonction du trot, ce qui fait que au pas (étant fausses par rapport à cette allure) il faut « laisser le cheval se débrouiller » et bien le laisser regarder où il met les pieds. Comme enrichissement on peut aussi faire ce travail avec les deux rênes tenues dans une main.
  • Dans mes leçons, spécialement de débutants, les cavaliers n’évoluent en reprise que si, pour des raisons de sécurité, de calme et de maîtrise du cheval, cela le justifie. Mais, c’est le plus souvent l’inverse qui est la règle et si les chevaux sont habitués au fait d’évoluer toujours seul c’est de cette manière qu’ils seront calmes et peu crispés (les cavaliers aussi). Ce « travail » est d’ailleurs très utile par la suite pour les leçons d’obstacles.
  • Les cavaliers sont aussi autorisés à franchir à deux, venant face-à-face, ces barres. En tenant leur droite, priorité au cavalier évoluant à main gauche (lorsqu’ils sont le long des murs). Les barres sont franchies d’abord au trot enlevé mais ensuite également en suspension ; dans ce dernier cas il doit évoluer partout dans la piste en suspension et non juste devant ou au-dessus des barres. Je ne travaille donc qu’à certaines leçons spécifiques, en reprise, les figures de manèges exécutées successivement ou individuellement et ces leçons sont alors orientées genre « carrousel ».
  • Dans ce type de leçon il ne peut y avoir plus de 6 à 8 cavaliers dans une piste de 20x40 m. Par la suite, pour les leçons d’obstacle, il ne devrait pas y avoir plus de 4 à 6 cavaliers par leçon. Si il y a plus de cavaliers alors « je fais pour un mieux » au niveau des apprentissages et assure la sécurité.
  • Il est rare, lors d’une leçon intitulée « obstacle » que je fasse galoper avant de commencer à sauter (sauf si les chevaux sont beaucoup trop frais et dans ce cas souvent un cheval à la fois).
  • Il arrive même de temps en temps que des cavaliers fassent leurs toutes premières foulées de galop « derrière », « après » un obstacle (saut). La première foulée de galop se faisant alors au-dessus de l’obstacle (et grâce à lui). Je dispose dans ce cas une série de barres à terre à franchir au trot, suivies immédiatement, d’un obstacle « en petite croix ». Je dispose cette ligne légèrement en oblique de B / E vers A / C. L’obstacle est placé à +/- 10 m du mur (petit côté). Le deuxième coin du petit côté « freine » grâce à cette disposition et si nécessaire les chevaux après le saut. Le cavalier, si son cheval n’est pas encore assez calme, continuera sur un cercle de 20 m (ce qui est rarement le cas). Il devra dans ce cas bien guider son cheval et passer en fin de cercle entre les barres à terre.
  • Vous voyez ? : faites un dessin ou attendez un prochain n° pour lequel j’aurai trouvé quelqu’un qui me fasse des schémas à l’ordinateur (je dois encore apprendre).
  • Avant les barres au sol qui doivent être abordées à l’avance (quelques mètres) cheval « droit » et « au milieu » je dispose souvent des cônes ou chandeliers autour desquels les cavaliers doivent slalomer sans oublier de regarder assez loin devant eux. Toute cette disposition est destinée à apprendre aux chevaux à être et rester calme devant un obstacle et à inviter les cavaliers à plutôt devoir pousser (éventuellement) leur cheval après l’obstacle pour faire de plus en plus de foulées de galop sur le cercle qui suit.
  • Il y a quelques consignes que les cavaliers devront respecter : 1) être en suspension souple (longtemps) avant les premières barres jusque au retour final au pas en fin de chaque exercice. 2) ils devront tout le temps « conduire », même au dessus des barres et de l’obstacle (aller droit et au milieu). Ils ne pourront à aucun moment poser les mains sur l’encolure ou se tenir et cesser de conduire. 3) le regard fixera un point précis après l’obstacle. Le cavalier ne pourra donc pas regarder l’obstacle à sauter en l’abordant.
  • Dans cet exercice je leur demande de tenir les mains « avant », « sur » et « après » le saut un peu plus écartées que d’habitude ( de s’imaginer une autoroute large juste devant nous et qui se termine par un point tout au loin de l’horizon) 3) ils ne peuvent pas « pousser » sauf éventuellement et uniquement après l’obstacle pour maintenir (si le cheval de lui-même repasse trop vite au trot) plus longtemps le cheval au galop 4) si le scénario mis en place est efficace les cavaliers ne devront jamais retenir mais seulement garder le contact qui permet de garder les rênes tendues, avant, sur et après le saut. 5) si malgré tout le cheval s’arrêtait devant la croix le cavalier fera franchir « quand même » l’obstacle au pas ou de l’arrêt et « réveillera » son cheval ou lui fera comprendre qu’on n’est pas content par une sanction et une mise en avant « après » cet obstacle. 6) de ne pas vouloir « déclencher » le saut (le moment, l’endroit) mais bien d’attendre que le cheval saute. J’utilise souvent la phrase « être comme les scouts dont la devise est : toujours prêts ».
  • La plupart des chevaux commencent par franchir l’obstacle en l’enjambant au trot. Je monte alors la croix ou un petit droit (avec pied) « à la demande du cavalier qui a envie de faire un peu de galop ou de sauter » jusqu'à ce que le cheval, sans jamais avoir été poussé dans l’abord « saute » (= 1ère foulée de galop provoquée par l’obstacle). Tant que le cheval enjambe, je continue de monter (raisonnablement) l’obstacle.
  • Si le cavalier « tire » ou s’accroche à la bouche ou encore perd son équilibre (saute après le cheval) au-dessus ou après l’obstacle alors le cheval repasse le plus souvent au trot et le cavalier sera déçu ; il s’appliquera donc à mieux réaliser les consignes par la suite. Le cavalier qui aura réussi à appliquer les consignes pourra, lui, galoper jusqu’à ce qu’il demande le trot. Si jamais un cheval galopait trop vite après l’obstacle je demande aux autres cavaliers de rester au pas ou à l’arrêt à proximité du 2ème coin du petit côté. Les autres cavaliers doivent sinon, en attendant leur tour, marcher un peu partout (répartis) dans la piste.

Conclusion : Que voilà beaucoup de bla-bla pour expliquer comment faire sauter un petit obstacle !!! Oui, mais cela permet de donner envie de galoper ou de sauter à des personnes qui auraient pris peur ou fui rien qu’à l’idée de devoir sauter et surtout à « démarrer du bon pied ». Les consignes apprises et appliquées ce jour-là resteront utiles toute la peut-être- future carrière sportive à l’obstacle de ces cavaliers. Je n’ai pas expliqué en détail la position en suspension avant, sur et après le saut : elle est généralement connue des cavaliers (équilibre sur les étriers permanent ; buste très légèrement en avant de la même manière avant, sur et après le saut sans mouvement brusque plus en avant ou en arrière de ce buste ; coudes souples pour accompagner les mouvements en gardant la liaison avec la bouche du cheval ; dos plat et menton relevé, regard haut et visualisant à l’avance le chemin à parcourir).

Il ne faut certainement pas se dire qu’un débutant (à l’obstacle) peut simplement se satisfaire « d’aller de l’autre côté ». Les premières leçons sont les plus importantes et demandent les meilleurs professeurs ; de cette manière de concevoir l’enseignement nous satisfaisons le plus de cavaliers et préparons les « Cracks Belges » de demain.

Etienne Patigny