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Science Equestre 9

Science équestre N° 9 : en vue de pratiquer le saut d’obstacles.

Introduction : Avant de vouloir apprendre à sauter le cavalier doit avoir atteint « sur le plat » un stade de contrôle suffisant de la vitesse et être capable de maintenir des allures « de travail », spécialement au galop.

Il doit pouvoir réaliser des variations d’amplitudes vers les allures « moyennes », faire passer son cheval d’une allure à la suivante ou la précédente à la demande (les capacités énumérées ci avant concernent le « fondamental avancer ».

Le cavalier devra également pouvoir alterner la réalisation de lignes droites et de tournants avec un cheval conservant son équilibre, donc suffisamment incurvé (portions de… ou cercles de 10m de diamètre au trot, 15m au galop). Il doit être maître de la conduite de son cheval au milieu d’autres chevaux, pouvoir s’en éloigner, être autonome (fondamental tourner).

Il conservera son équilibre « sur les étriers » non seulement dans les allures régulières mais aussi lors des changements de vitesse ou d’allure; en tournant aussi sans jamais gêner le cheval (fondamental s’équilibrer).

Il devra enfin ne pas avoir peur de son cheval ou de la vitesse (raisonnable).

Montant un cheval éduqué et adapté à ces capacités il aura sans doute eu l’occasion de sortir déjà du manège couvert pour la piste extérieure (d’abord pas trop grande et clôturée) ou en promenade en groupe.

Remarque : les diamètres mentionnés sont ceux pratiqués sur des chevaux ; montant des poneys ils devraient être réduits à 8 et +/- 12m.

Toujours avant de vouloir sauter / précisions concernant la position : Le cavalier doit aussi être capable d’avoir les mains et les jambes fixes (absence de tous mouvements inutiles ou involontaires).

Le contact permanent sera établi entre les mains et la bouche du cheval sans jamais aucun mouvement de recul de celles-ci.

Lors des transitions vers une allure inférieure ou un ralentissement seule une élévation sur un plan vertical des mains avec, si nécessaire, un contournement des poignets (ongles « vers le ciel ») en les écartant l’une de l’autre est recommandée.

 Il est important que le cavalier dans ces transitions descendantes puisse avancer son assiette (jusqu’au maximum sous et à la verticale de ses épaules) en restant en suspension dans ou hors de sa selle tout en descendant sa cuisse et en fléchissant le pli du genou; bas de la jambe restant en place et genoux non serrés.

Les talons sont bas uniquement parce que les étrivières sont plus courtes que nos jambes ; il ne faut absolument pas que le fait de descendre les talons fasse avancer le bas de la jambe et nous empêche de ce fait de fléchir le pli des genoux et de descendre nos cuisses.

Je ne conseille d’ailleurs personnellement pas de tenir l’étrier sous les orteils mais bien derrière ceux-ci, sous la plante des pieds.

Suspension dans ou hors de la selle : Un cavalier peut être dit en « suspension hors de sa selle » lorsqu’il n’y a plus aucun contact entre la selle et les fesses du cavalier (0% de poids sur la selle et 100% sur les étriers) et dit « en suspension dans sa selle » lorsque le poids du cavalier sur la selle varie de 1 à +/- 30% et le reste sur les étriers.

 J’utilise pour plus de facilité de compréhension avec les jeunes cavaliers les expressions de suspension « haute » ou « basse ». Certains utilisent les termes « suspension 2 points (sur les deux étriers) ou trois points (1/3 de poids dans la selle, 2/3 sur les étriers).

Dans toutes ces positions en « suspension » je demande comme position de base du buste de ne pas être plus penché en avant qu’au trot enlevé et vice-versa : c'est-à-dire peu penché en avant, dos plat, menton relevé. L’assiette reste « avancée » et le cavalier ne doit plus jamais avoir besoin de s’appuyer sur l’encolure ou de se tenir aux rênes pour maintenir son équilibre.

Le cavalier sera souple et accompagnera les mouvements du cheval, la position sera sobre, élégante mais surtout non figée ou statique.

Exercices à faire exécuter par le cavalier (sur le plat) :

Le premier consiste à demander au cavalier au pas et au galop, au trot accessoirement, de prendre toutes sortes de positions en équilibre sur ses étriers : trot enlevé, suspension dans et hors de la selle, position « jockey » (fort penché en avant), debout sur les étriers (buste droit, d’aplomb, ceinture très avancée jusque au dessus ou même devant le pommeau) tout en gardant l’équilibre.

Le dos reste plat et le menton relevé; les genoux, cuisses, ou mollets jamais serrés contre la selle ou le cheval.

Le second consiste à demander au cavalier de monter dans toutes ces positions en écartant latéralement les genoux, les cuisses et même les mollets de la selle et du cheval jusqu'à ne plus avoir aucun contact entre ces parties et le corps du cheval toujours en conservant son équilibre, son aisance et sa souplesse.

Le troisième consiste à chausser les étriers (étrivières) excessivement courts, genoux écartés (il faut prévoir de rajouter à l’avance des trous dans les étrivières pour les raccourcir nettement).

Dans le temps cet exercice se faisait en mettant les pieds dans les étrivières, au dessus des étriers. Ceci n’est pas souhaitable pour des raisons de sécurité et de confort.

Motivation, raison d’être, buts : Ces exercices ne sont pas absolument indispensables mais apportent « un plus », sont utiles, amusants, confirment l’équilibre du cavalier et permettront par la suite de ne pas serrer le cheval en le et se crispant. Ils permettront également la voussure du dos et l’engagement des postérieurs du cheval ce qui sera spécialement utile durant les parcours futurs.

Il est indispensable d’accompagner le cheval en se faisant oublier afin de ne pas le distraire ou pire le déséquilibrer ou le gêner.

Il faudra pouvoir être sobre de ses mouvements tout en étant à l’aise physiquement et encore plus psychologiquement, ne pas avoir peur ou du moins (faire semblant de) surmonter ses appréhensions. Le fait de rendre les cavaliers « acrobates » en réalisant ces exercices sur le plat et plus tard sur des barres au sol ou même de petits obstacles doit leur permettre de pouvoir stabiliser leur équilibre et de ne plus devoir se soucier de ce point lorsqu’il faudra se faire discret et se concentrer sur « d’autres choses »..

Education préalable du cheval : Idéalement le cheval bien éduqué par son cavalier (et son professeur) ne devrait pas accélérer si on diminue, ou même supprime volontairement le contact entre les mains et la bouche du cheval. Le cheval devrait également se maintenir dans chaque allure (ou variante) sans être poussé ou soutenu par les jambes ou l’assiette du cavalier.

Il n’aura pas pris l’habitude d’accélérer à la vue d’une barre parce qu’aucun cavalier (ni professeur) ne l’aura traumatisé et lui aurait fait peur ou poussé vers les obstacles.

Il ne sera pas « au refus » de sauter ni ne ralentira de lui-même à la vue des obstacles parce qu’il (le cheval) n’a pas d’appréhensions et que les hauteurs à sauter sont inférieures à ses moyens. Idéalement le cheval, en plus d’être adapté à la taille et au poids du cavalier, sera naturellement équilibré et possèdera un galop « correct ». Je déconseille nettement tout apprentissage sur des trotteurs.

Encore quelques conseils aux cavaliers : Il est important de se rappeler qu’un cavalier peut faire peur (le pire car dangereux) ou faire accélérer son cheval de beaucoup de manières, volontairement ou non.

 S’il tire le cheval tire aussi; s’il s’agite, le cheval fait de même ; si le cavalier se cramponne, se crispe, a peur et « serre » le cheval, il accélère ou au contraire se contracte et s’accule. Si par sa position le cavalier creuse le dos du cheval celui-ci désengage les postérieurs et « tombe » sur les épaules, accélère et précipite pour retrouver son équilibre.

Si à ce moment le cavalier tire de plus belle  le cheval tire encore plus et accélère encore, il se fait peur et a peur du cavalier. De plus le cheval serait incapable, dans cette situation, de sauter correctement. Nous serions également incapables, en temps que piétons, de sauter lorsque nous perdons l’équilibre à l’abord ou à la battue d’un obstacle. Heureusement les chevaux « de manège » peuvent souvent encaisser une bonne dose d’erreurs sans trop se laisser émouvoir par les fautes éventuellement commises.

Souvent les adultes sont crispés et ont peur (de la chute), les adolescents sont trop fougueux et autoritaires et les plus jeunes peuvent à certains moments manquer de la force tranquille qui, de temps en temps, est nécessaire pour confirmer la soumission suffisante du cheval ou poney à l’homme.

De ce fait ils s’agitent parfois, font de grands gestes et piquent des colères de rage ou de désespoir.

Les chutes (trop fréquentes ou violentes) affolent enfants et parents.

Si les parents présents (non cavaliers ou pire ceux qui croient mieux savoir ou qui sont persuadés d’avoir été eux-mêmes des champions à l’obstacle) interviennent alors « plus rien ne va ».

Conclusion : Il ne faut pas nécessairement attendre longtemps avant de pouvoir sauter.

Si le cavalier est en confiance vis-à-vis de son cheval et surtout de son moniteur, également en fonction du don ou des capacités physiques des cavaliers cela pourrait même s’envisager après une dizaine de séances. D’autres devront attendre d’être prêts; ne dégoûtons aucun de nos élèves car dans ceux qui arrêteraient de pratiquer l’équitation il y en a certainement qui auraient pu être d’excellents cavaliers si on les avait laissé progresser à leur rythme et suivant leurs désirs.

Apprendre à sauter un minimum (jusqu'à pouvoir enchaîner quelques obstacles de +/- 80cm avec le cheval qui convient) devrait faire partie de la formation de tout cavalier.

Pour se dire cavalier suffisamment confirmé et pouvoir aller en toute sécurité et de la manière la plus attrayante en promenade ou envisager de progresser dans toutes les disciplines équestres il faut pouvoir atteindre ce minimum d’apprentissage; j’en suis réellement convaincu et ceci est à la portée de tous lorsque réalisé « dans les conditions ».

L’équitation est surtout un loisir mais ceux qui montent à cheval savent aussi que c’est une pratique (parfois très) sportive.

Etienne Patigny, Ecuyer Fédéral --Vos réactions : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.