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Science Equestre 8

Science Equestre n° 8

Introduction & résumé des articles précédents : pour tourner, le cavalier doit superposer (donc à la verticale) une à une les différentes parties du corps du cheval sur la courbe qu’il décrit et ceci au fur et à mesure que celles-ci s’engagent sur cette courbe.

L’expression « superposer le rachis du cheval à la courbe » ou « incurver régulièrement le cheval de la nuque à la queue » ne sont pas scientifiquement exactes parce que les différentes vertèbres (les disques) qui composent le rachis ne sont pas du tout également flexibles, certaines étant mêmes soudées entre-elles.

Pour obtenir cela le cavalier devra rester « centré » et d’aplomb sur ses deux fesses et/ou étriers.

Le cavalier devrait aussi ressentir en tournant le mouvement des quatre membres et la répartition de poids sur chacun des pieds du cheval de manière identique qu’en ligne droite ; il ne devra rien faire qui puisse provoquer des contractions musculaires sur son cheval, conserver l’amplitude et la cadence des foulées.

Etre symétrique et « face à la route » avec une répartition du poids égale à tout instant est plus difficile à faire qu’à dire ou écrire.

La poussée des postérieurs et la (légère) voussure du dos doivent permettre de réaliser les transitions « d’arrière en avant » (la nuque restant ainsi au dessus de la bouche sans retrait vers le poitrail de celle ci).

Il faut assurer au cheval le contact confiant de ses aides (mains fermées autour de la rêne mais jambes au contact non serrées) ; sans coups, tractions ou actions de force. Pour réaliser tout cela il faut d’abord ne pas regarder le cheval et en conséquence ainsi mieux pouvoir se concentrer sur le « ressentir ».n.b : En ligne droite le cavalier ne doit pas voir la tête de son cheval qui est cachée par l’encolure.

Si je suis resté centré en tournant je ne devrais pas la voir non plus, même sur des courbes serrées.

Placer donc toujours le haut du corps et votre tête à la place qui vous permet de ne pas voir (plus qu’en ligne droite) la tête du cheval !

Différentes mises en situation du fondamental « tourner » : Avec comme critères de réussite : cadence/amplitude/ antérieurs et postérieurs correspondant en ligne (de part et d’autre de la ligne parcourue)Le cavalier devra successivement :

1.        être capable, dans des allures de travail régulières: allez droit en ligne d’un point à un autre ; ensuite évoluer sur des (grands) cercles parfaitement ronds et réguliers sans plus devoir agir avec ses aides.

Cela acquit : de réaliser des transitions élémentaires (arrêt, pas, trot, galop aux allures de travail vers l’allure juste inférieure ou inférieure) sans aucune modification de la parfaite géométrie avant, durant ou après la transition, les premières foulées de la nouvelle allure étant identiques en amplitude et cadence à toutes les suivantes (de qualité). Ceci devra se faire aussi « en dehors des murs » (piste intérieure ou carrière).

2.        alterner quart de cercle, ligne droite, quart de cercle ligne droite (serpentines, rectangles ou carrés). Sur les mêmes trajectoires il faudra évoluer sur ces quart de cercles en passant d’un rayon assez large à plus réduit et donc prolonger (sur la même géométrie) la partie de ligne droite tout en maintenant les critères de réussite énumérés ci avant en introduction. Chaque tournant (et on tourne souvent dans un manège) devrait donc être préparé et non subit (début, fin, diamètre et incurvation en fonction de l’allure). Les « grandes serpentines » s’exécutent d’un (grand) mur du manège à l’autre, les lignes droites qui joignent les demi-cercles se font perpendiculaires à ces côtés (donc parallèlement aux petits côtés).

3.        demi cercle, ligne droite, demi cercle

4.        huit de chiffre, les deux voltes séparées d’abord par un bout de ligne droite ; ensuite réaliser le « vrai » huit.

5.        être capable d’enchaîner toutes les figures possibles et imaginables, entrecoupées de lignes droites ou non en réalisant toujours ces mêmes critères énoncés

6.        en dehors des figures déjà citées, le passage de coins entre des murs en dur mais aussi imaginaires constitue un travail supplémentaire utile spécialement à ceux qui veulent participer à des concours de dressage.

Il est évident qu’il est possible de réaliser les critères de réussite aux allures de travail en passant sans doute un coin selon un quart de cercle de 6m de diamètre au pas, 8 ou 10m au trot et 20, 15 ou 10 au galop.

Ce diamètre doit être choisi en fonction des « savoir-faire » des cavaliers et des chevaux mais aussi en fonction de l’amplitude de chaque allure (rassembler, de travail, moyen, allongé) .

Même à plus grande amplitude tous les critères énoncés devant également être respectés.

Je suis donc totalement opposé au fait de vouloir aller dans les coins toujours de la même manière avec tous les chevaux, à toutes les allures et toutes les amplitudes ; il ne se travaille pas avant mais après le reste.

 Trop de cavaliers apprennent « de mauvaises » positions et aides consécutivement à l’obstination (des moniteurs ou entraîneurs et juges de dressage) à vouloir dès les petites reprises aller dans les coins de la même manière (6m de diam). Les juges en concours de dressage ne doivent pas apprécier (sauf une cote en fin de reprise) la position et l’emploi des aides du cavalier mais, dans la réalisation par le cheval du passage de coin, ils sanctionneront toutefois les conséquences néfastes résultant de ces fautes. Quand nous exécutons une volte dans un coin (ou au milieu de la carrière) il ne faut pas oublier que la volte commence X mètres avant l’angle du coin et qu’après notre retour à ce point de départ nous avons encore un quart de cercle à exécuter avant de se retrouver dans la nouvelle direction.

7.        la demi volte renversée (le demi cercle, après l’oblique, étant exécuté entre des murs dans les coins) est un exercice intéressant (diam. en fonction de l’allure)

8.        finalement : être capable d’exécuter des cercles et parties de cercles de diamètre encore plus réduits et pouvoir aussi les quitter, toujours sans aucune contraction ou résistance de la part du cavalier ou (et donc également) du cheval.

Cet article n° 8 est court mais souligne encore une fois l’importance de ne pas gêner le cheval, de permettre ou de favoriser au cheval la réalisation de nos demandes.

De la parfaite exécution du contenu des huit articles parus dépendra tout le futur équestre possible du cavalier et du cheval. Ces objectifs d’apprentissages en apparence simples constituent vraiment l’essentiel ; le reste (la suite) étant alors logique et facile (pour le cavalier et son cheval) pour les passionnés qui disposeraient aussi du temps nécessaire pour accéder au perfectionnement.

La patience et la persévérance, l’application et la continuité dans le travail étant indispensable.

La réflexion, le « sentir physiquement et mentalement de manière intense » et la connaissance permettent ainsi au cavalier de progresser et de ce fait faire progresser également leur cheval sans avoir l’impression de le contraindre. Le cavalier doit devenir un centaure : ne faire qu’un avec le cheval, bouger avec lui et par lui !!! Nous devons tendre vers cet objectif à tous les niveaux, à partir de la chose la plus simple jusque…

Maître Oliveira m’a un jour dit textuellement « il faut prendre son pied à cheval ».

 Nous devons de plus être clair et précis envers le cheval, utiliser toujours les mêmes positions et aides pour demander les mêmes choses afin que le cheval s’y retrouve et puisse se référer ainsi à un alphabet et ensuite à des mots, plus tard à une construction de phases logiques et simples, à une grammaire qui rende la phrase compréhensible.

Absence de force ne doit jamais vouloir signifier imprécision, faiblesse et manque de clarté ou d’efficacité ; faisons pour un mieux…Les articles suivants seront consacrés aux premières leçons d’obstacles jusque…

Etienne Patigny

Ecuyer, moniteur professionnel de niveau 3